VAETCHANAN – RÉSUMÉ
Moïse supplie Dieu de le laisser entrer en Terre d'Israël avec le peuple, mais Dieu refuse une fois de plus sa demande. (3:23-28)
Moïse ordonne aux enfants d'Israël de prêter attention et de vivre selon les lois données par Dieu afin d'être dignes de la terre qu'ils vont recevoir. (4:1-40)
Des zones spécifiques du pays sont destinées à servir de villes de refuge. (4:41-43)
L'alliance du Sinaï et les dix commandements sont rappelés. Une fois de plus, le peuple est exhorté à respecter les commandements de Dieu. (5:1-30)
Moïse prononce les paroles du Chema, le credo du judaïsme, et ordonne à Israël de montrer son amour pour Adonaï et de respecter les lois et les ordonnances de Dieu. (6:1-25)
Moïse avertit le peuple de ne pas commettre d'idolâtrie en adorant les dieux des nations qu'ils vont vaincre en Israël. (7:1-11)
ReformJudaism.org
PAROLES vs COMMANDEMENTS
[...]Un mot sur la traduction erronée de Aseret haDibrot par «les dix Commandements ». Ce groupe de commandements divins est appelé 'Aseret haD'varim: les dix déclarations dans Exode, 34:28. Les autres références dans la Torah utilisent la même formulation et la littérature rabbinique fait constamment référence à 'Aseret haDibrot (les Dibrot rabbiniques étant à peu près équivalentes aux D'varim toraïques).
Adapté de torah.org
L'ancienne communauté juive de langue grecque en Égypte a traduit, au troisième siècle, la Bible en grec (La Septante). ’Aseret haD’varim a été rendu par deka logoi (dix mots), ce qui a donné lieu au nom de "Décalogue".
CHEMA
Étant donné la primauté du Chema en tant que « mot d'ordre de la foi juive », sa signification est étonnamment incertaine. En raison de sa construction grammaticale et des diverses significations du mot echad, cette déclaration peut être interprétée de différentes manières. Certaines traductions l'ont ainsi rendue : Le Seigneur notre Dieu, Le Seigneur est un. Une telle traduction implique que le Chema est une déclaration sur l'essence de Dieu, un reflet de la croyance monothéiste en l'existence d'un seul Dieu.
D'autres traductions ressemblent à celle qui est adoptée dans ce livre : « Écoute, Israël יהוה est notre Dieu, יהוה seul. » Cette version affirme la relation unique de Dieu avec Israël,
sans nécessairement nier l'existence d'autres êtres divins. [...] Cette compréhension reflète ce que de nombreux spécialistes ont déduit être une croyance israélite pré-monothéiste appelée la monolâtrie : l'allégeance à un seul dieu, tout en reconnaissant l'existence d'autres divinités. (Voir aussi Deut. 4:19-20 ; 4:35 ; 32:8 et Exode 15:11).
Torah, A Women’s Commentary, page 1077
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[...] Les livres mosaïques sont, entre autres, un ensemble de commandements, au nombre de 613. Il semblerait logique qu'un recueil de commandements comprenne un verbe qui ait le sens d'obéir. [...] L'obéissance est au commandement comme la vérité l'est avec un témoignage. Pourtant, il n'y a pas de verbe en hébreu biblique qui signifie « obéir ». C'est un fait étonnant.
Cette lacune est si flagrante qu’il a fallu trouver un verbe qui signifie "obéir" lorsqu’on a revitalisé l’hébreu comme langue contemporaine. C'était une nécessité évidente, surtout dans le cas des forces de défense d'Israël. Une armée dépend de l'obéissance au commandement d'un officier supérieur. Le mot choisi fut letsayet, un terme araméen qui n'apparaît nulle part dans la Bible hébraïque au sens d’obéir. La Torah, elle, utilise un tout autre mot, celui de chema, qui signifie "entendre, écouter" et bien d'autres choses encore.
La racine CH-M-A est absolument fondamentale dans le livre du Deutéronome, où elle apparaît sous une forme ou une autre quelque 92 fois (à titre de comparaison, elle n'apparaît que 6 fois dans l'ensemble du Lévitique). Les mots qui y sont associés revêtent un large éventail de significations, regroupées autour des cinq principaux suivants :
Rabbin Jonathan Sacks sur Vaetchanan, 2019
OBÉIR
1 obéir à qqn. Se soumettre à qqn, en se conformant à ce qu'il ordonne ou défend.
2 obéir à qqch. Se conformer, se plier à ce qui est imposé. ⇒ se conformer à, observer. Obéir aux lois, aux instructions, aux règlements.
Étymologie
Vers 1112; du latin obœdire « prêter l'oreille à qqn ».
Source: obéir | Usito (usherbrooke.ca)
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Que nous dit l’étymologie du mot obéir ?
Le préfixe « ob » évoque la position « en face » et aussi un « renversement » : je suis en face de l’autre, et je lui « renvoie » quelque chose.
Le verbe « audire » signifie entendre, percevoir (par les oreilles, par l’intelligence).
Aujourd’hui, le sens commun d’obéir signifie souvent se soumettre sans réfléchir. L’obéissance serait synonyme de passivité, de soumission, voire de lâcheté. En conséquence, désobéir serait salvateur : enfin je me révolte, enfin, j’existe !
Or, le sens étymologique du mot obéir nous invite plutôt à considérer l’obéissance comme un engagement : j’obéis, cela veut dire que j’ai perçu les propos de l’autre et, face à lui, je m’engage à « le suivre » avec ce sens de « je m’engage ».
Désobéir, et si le mot n’existait pas ? | Cairn.info
ECHAD
Le rabbin Schulweis (sermon de 1997) explique que lorsque je crois réellement, que je comprends et que j'assimile l’existence d’un Dieu unique, cela change ma façon de vivre, ma façon de voir le monde, ma façon de voir les gens et ce que je fais chaque jour. Donc en fait, la théologie est pertinente, pratique et réelle.
[…] Voici donc quelques extraits de son sermon: « Echad. Un. Mais pas au sens mathématique du terme : pas Un par opposition à deux ou trois ou vingt. Croire en l'Echad, c'est comprendre Dieu comme la grande connexion, le lien qui nous unit, vous et moi, dans cette grande chaîne de l'existence. Il poursuit en disant :
« Reconnaître Dieu comme Echad, c'est croire que tout et que tout le monde est connecté, que nous appartenons tous les uns aux autres.»
[…] Il y a ce beau passage : « Echad met en garde contre l'idolâtrie, celle que vous puissiez penser aux autres comme étant séparés de vous. Lorsque nous pensons aux autres comme étant séparés et différents, c'est là que nous avons des problèmes, c'est là que nous traitons mal les gens; comme s'ils ne faisaient pas tous partie de l'unité qu'est Dieu. Lorsque vous intériorisez réellement l'Echad, le fait que tout est un, vous ne pouvez pas considérer les créatures de Dieu comme des parias qui se trouvent en dehors des limites de la bonté ou de l'amour de Dieu, ou de notre bonté ou de notre amour. Si vous croyez que Dieu est Un, alors vous croyez que l'humanité est une. Peu importe où nous prions, peu importe à quoi nous ressemblons: un Dieu, une seule famille humaine. »
Notre grand maître est mort comme tant de sages avant lui, avec les mots Sh'ma Yisrael, Adnai Eloheniu, Adonai Echad. Et avec ce dernier souffle, il a affirmé que l'unicité qu'il a enseignée, l'unicité qu'il a vécue, l'unicité que nous apprenons maintenant, l'unicité que nous vivons maintenant peut changer profondément notre monde.
Rabbin Rick Jacobs, président, Union for Reform Judaism
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Il a été dit qu’on doit prolonger est Un. Rav Naḥman bar Jacob a dit : « Mais seulement au daleth. » Symmachos bar Joseph a dit : « Quiconque prolonge est Un voit augmenter ses jours et ses années de bien-être. »
Talmud de Jérusalem
Moïse supplie Dieu de le laisser entrer en Terre d'Israël avec le peuple, mais Dieu refuse une fois de plus sa demande. (3:23-28)
Moïse ordonne aux enfants d'Israël de prêter attention et de vivre selon les lois données par Dieu afin d'être dignes de la terre qu'ils vont recevoir. (4:1-40)
Des zones spécifiques du pays sont destinées à servir de villes de refuge. (4:41-43)
L'alliance du Sinaï et les dix commandements sont rappelés. Une fois de plus, le peuple est exhorté à respecter les commandements de Dieu. (5:1-30)
Moïse prononce les paroles du Chema, le credo du judaïsme, et ordonne à Israël de montrer son amour pour Adonaï et de respecter les lois et les ordonnances de Dieu. (6:1-25)
Moïse avertit le peuple de ne pas commettre d'idolâtrie en adorant les dieux des nations qu'ils vont vaincre en Israël. (7:1-11)
ReformJudaism.org
PAROLES vs COMMANDEMENTS
[...]Un mot sur la traduction erronée de Aseret haDibrot par «les dix Commandements ». Ce groupe de commandements divins est appelé 'Aseret haD'varim: les dix déclarations dans Exode, 34:28. Les autres références dans la Torah utilisent la même formulation et la littérature rabbinique fait constamment référence à 'Aseret haDibrot (les Dibrot rabbiniques étant à peu près équivalentes aux D'varim toraïques).
Adapté de torah.org
L'ancienne communauté juive de langue grecque en Égypte a traduit, au troisième siècle, la Bible en grec (La Septante). ’Aseret haD’varim a été rendu par deka logoi (dix mots), ce qui a donné lieu au nom de "Décalogue".
CHEMA
Étant donné la primauté du Chema en tant que « mot d'ordre de la foi juive », sa signification est étonnamment incertaine. En raison de sa construction grammaticale et des diverses significations du mot echad, cette déclaration peut être interprétée de différentes manières. Certaines traductions l'ont ainsi rendue : Le Seigneur notre Dieu, Le Seigneur est un. Une telle traduction implique que le Chema est une déclaration sur l'essence de Dieu, un reflet de la croyance monothéiste en l'existence d'un seul Dieu.
D'autres traductions ressemblent à celle qui est adoptée dans ce livre : « Écoute, Israël יהוה est notre Dieu, יהוה seul. » Cette version affirme la relation unique de Dieu avec Israël,
sans nécessairement nier l'existence d'autres êtres divins. [...] Cette compréhension reflète ce que de nombreux spécialistes ont déduit être une croyance israélite pré-monothéiste appelée la monolâtrie : l'allégeance à un seul dieu, tout en reconnaissant l'existence d'autres divinités. (Voir aussi Deut. 4:19-20 ; 4:35 ; 32:8 et Exode 15:11).
Torah, A Women’s Commentary, page 1077
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[...] Les livres mosaïques sont, entre autres, un ensemble de commandements, au nombre de 613. Il semblerait logique qu'un recueil de commandements comprenne un verbe qui ait le sens d'obéir. [...] L'obéissance est au commandement comme la vérité l'est avec un témoignage. Pourtant, il n'y a pas de verbe en hébreu biblique qui signifie « obéir ». C'est un fait étonnant.
Cette lacune est si flagrante qu’il a fallu trouver un verbe qui signifie "obéir" lorsqu’on a revitalisé l’hébreu comme langue contemporaine. C'était une nécessité évidente, surtout dans le cas des forces de défense d'Israël. Une armée dépend de l'obéissance au commandement d'un officier supérieur. Le mot choisi fut letsayet, un terme araméen qui n'apparaît nulle part dans la Bible hébraïque au sens d’obéir. La Torah, elle, utilise un tout autre mot, celui de chema, qui signifie "entendre, écouter" et bien d'autres choses encore.
La racine CH-M-A est absolument fondamentale dans le livre du Deutéronome, où elle apparaît sous une forme ou une autre quelque 92 fois (à titre de comparaison, elle n'apparaît que 6 fois dans l'ensemble du Lévitique). Les mots qui y sont associés revêtent un large éventail de significations, regroupées autour des cinq principaux suivants :
- écouter, prêter une attention particulière;
- entendre;
- comprendre;
- intérioriser, enregistrer, prendre à cœur;
- répondre par l'action.
Rabbin Jonathan Sacks sur Vaetchanan, 2019
OBÉIR
1 obéir à qqn. Se soumettre à qqn, en se conformant à ce qu'il ordonne ou défend.
2 obéir à qqch. Se conformer, se plier à ce qui est imposé. ⇒ se conformer à, observer. Obéir aux lois, aux instructions, aux règlements.
Étymologie
Vers 1112; du latin obœdire « prêter l'oreille à qqn ».
Source: obéir | Usito (usherbrooke.ca)
------
Que nous dit l’étymologie du mot obéir ?
Le préfixe « ob » évoque la position « en face » et aussi un « renversement » : je suis en face de l’autre, et je lui « renvoie » quelque chose.
Le verbe « audire » signifie entendre, percevoir (par les oreilles, par l’intelligence).
Aujourd’hui, le sens commun d’obéir signifie souvent se soumettre sans réfléchir. L’obéissance serait synonyme de passivité, de soumission, voire de lâcheté. En conséquence, désobéir serait salvateur : enfin je me révolte, enfin, j’existe !
Or, le sens étymologique du mot obéir nous invite plutôt à considérer l’obéissance comme un engagement : j’obéis, cela veut dire que j’ai perçu les propos de l’autre et, face à lui, je m’engage à « le suivre » avec ce sens de « je m’engage ».
Désobéir, et si le mot n’existait pas ? | Cairn.info
ECHAD
Le rabbin Schulweis (sermon de 1997) explique que lorsque je crois réellement, que je comprends et que j'assimile l’existence d’un Dieu unique, cela change ma façon de vivre, ma façon de voir le monde, ma façon de voir les gens et ce que je fais chaque jour. Donc en fait, la théologie est pertinente, pratique et réelle.
[…] Voici donc quelques extraits de son sermon: « Echad. Un. Mais pas au sens mathématique du terme : pas Un par opposition à deux ou trois ou vingt. Croire en l'Echad, c'est comprendre Dieu comme la grande connexion, le lien qui nous unit, vous et moi, dans cette grande chaîne de l'existence. Il poursuit en disant :
« Reconnaître Dieu comme Echad, c'est croire que tout et que tout le monde est connecté, que nous appartenons tous les uns aux autres.»
[…] Il y a ce beau passage : « Echad met en garde contre l'idolâtrie, celle que vous puissiez penser aux autres comme étant séparés de vous. Lorsque nous pensons aux autres comme étant séparés et différents, c'est là que nous avons des problèmes, c'est là que nous traitons mal les gens; comme s'ils ne faisaient pas tous partie de l'unité qu'est Dieu. Lorsque vous intériorisez réellement l'Echad, le fait que tout est un, vous ne pouvez pas considérer les créatures de Dieu comme des parias qui se trouvent en dehors des limites de la bonté ou de l'amour de Dieu, ou de notre bonté ou de notre amour. Si vous croyez que Dieu est Un, alors vous croyez que l'humanité est une. Peu importe où nous prions, peu importe à quoi nous ressemblons: un Dieu, une seule famille humaine. »
Notre grand maître est mort comme tant de sages avant lui, avec les mots Sh'ma Yisrael, Adnai Eloheniu, Adonai Echad. Et avec ce dernier souffle, il a affirmé que l'unicité qu'il a enseignée, l'unicité qu'il a vécue, l'unicité que nous apprenons maintenant, l'unicité que nous vivons maintenant peut changer profondément notre monde.
Rabbin Rick Jacobs, président, Union for Reform Judaism
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Il a été dit qu’on doit prolonger est Un. Rav Naḥman bar Jacob a dit : « Mais seulement au daleth. » Symmachos bar Joseph a dit : « Quiconque prolonge est Un voit augmenter ses jours et ses années de bien-être. »
Talmud de Jérusalem